Der Patriarch ist soeben in Singapur verstorben. Seine Witwe hat die Asche nach Berlin überführt, denn eine Urne ist leichter als ein Sarg. Lena ist angeekelt: ihr Vater hat sie oft missbraucht. Sie verabschiedet ihre Freunde: „Ich danke euch, es war eine wunderbare Beerdigung.“ Man bekommt einen Trauerfeier-Lachkrampf. Eines weiß man beim ersten Spot auf diese Bahnhofshallennacht ganz sicher: diese acht Personen von L’ENFANT FROID lässt keiner mehr los, so stark wirkt die körperliche Präsenz. Man könnte bedrückt sein und ist es doch nicht. Hier ist zunächst die Intelligenz eines Autors und eines Regisseurs am Werk, beide Meister der Dissonanz. So entspringt aus diesem deprimierten Tableau eine animalische Vitalität, die an sich schon eine Form der Hoffnung ist. Ein bissiges, witziges Stück voll wahnsinniger Menschlichkeit.
Le patriarche vient de mourir à Singapour. Sa veuve a rapatrié ses cendres à Berlin, parce qu'une urne, c'est plus léger qu'un cercueil. Lena a un haut-le-coeur : son père a beaucoup abusé d'elle. C’est elle qui congédie les amis : « Je vous remercie, c'était un enterrement merveilleux. » On est saisi d'un fou rire de funérailles. Au premier flash dans une nuit de hall de gare, on est sûr d'une chose : on ne lâchera pas les huit personnages de L'ENFANT FROID, question d'intensité dans les corps. On pourrait être accablé et on ne l'est pas. Il y a d'abord l'intelligence d'un auteur et d'un metteur en scène qui excellent dans la dissonance et il jaillit de ce tableau déprimé une vitalité animale qui est à elle seule une forme d'espérance. Une pièce méchante, drôle, d’une humanité insensée.